CINEVILLE 2005 - Quartier de La Houillère - Charleville-Mézières
Atelier de réalisation, film "La Lune est à Nous"
Vendredi
Rencontre entre tous les membres de l'équipe.
Projection de films courts de la Poudrière, l'école de réalisation dont je suis originaire, puis projection de mes propres films en guise de présentation aux 6 jeunes de la Houillère.
Explication des étapes principales de la fabrication d'un film (étapes que nous allons suivre pendant la semaine).
Puis projection du film de Méliès "Le voyage dans la Lune", point de départ à la réalisation de notre court-métrage.
L'explication des trucages de Méliès me sert d'introduction à la technique de l'animation.
Réalisation de petits exercices pour appréhender la création du mouvement image par image.
Puis à partir du film de Méliès, brainstorming collectif et élaboration d'un premier scénario et découpage sur le thème du voyage sur la lune, avec une totale liberté d'imagination : avec l'animation, on peut réaliser tout ce que l'on veut !
Samedi
On revoit notre scénario, on le rend plus simple et plus cohérent. Il faut également commencer la recherche de notre univers et comprendre la technique que l'on va utiliser pour réaliser tous les trucages. Pour cela on se divise en trois groupes, et à tour de rôle un groupe fera un petit film en pixillation avec moi pendant que les deux autres rechercheront des images avec les animateurs.
Le principe de ces petits films est simple : les deux jeunes sont acteurs d'une action impossible à tourner en vitesse réelle et que l'on tourne donc en « image par image ». Ainsi ils peuvent voler, rentrer dans les murs ou avancer assis sur des chaises. Ils ressentent alors dans leurs corps le principe du cinéma image par image : c'est long et assez fastidieux, mais on peut vraiment faire ce que l'on veut !
Projection de "Au bout du monde" de Konstantin Bronzit en dessin animé traditionnel, et de "Voisins" de Norman Mc Laren pour la technique de la pixillation.
Dimanche
...repos et réflexion ...
Lundi
On regarde encore une fois le film de Méliès pour comprendre comment il s'y est pris pour montrer une aventure fantastique avec des trucages simples, et qu'est-ce qui marche ou pas ? et pourquoi ? On trouve des solutions. Et cette fois on part vraiment pour la Lune.
L'histoire est approuvée par tous et le découpage nous permet de calculer nos besoins, donc de planifier le temps qu'il nous reste.
Le film sera en 3 parties : le début et la fin en prise de vue réelle racontent la tombée dans le rêve et le réveil, et le milieu du film est la transposition du rêve sur la lune en animation.
Le tournage commence.
D'abord on prend toutes les photos qui nous seront utiles pour la partie en animation. Ces photos sont les positions clés des mouvements de nos protagonistes sur la lune pendant leur rêve, elles seront imprimées sur du papier et re-filmées dans un décor.
Puis on mange des pizzas tous ensemble et on en utilise les restes et les cartons vides pour le décor du début et de la fin du film que l'on tourne dans l'après-midi.
On fait plusieurs prises, les jeunes se confrontent au jeu d'acteur, et également au choix du cadrage, des différents axes possibles de caméra, etc...
Projection de "The Dirdy Birdy" de John Dilworth pour détendre les zygomatiques.
Mardi
Préparation de tous les éléments utiles à la partie en animation :
On découpe les poses des personnages en papier
On prépare les véhicules en photomontages contrecollés
On crée le corps de l'extra-terrestre
Et on fabrique les décors de la surface lunaire ainsi que les étoiles du ciel spatial.
Une journée avec les doigts dans le papier, la colle et la peinture.
Projection de "Meat Love" de Jan Svankmajer, en animation d'objets.
Le soir, on va tous ensemble à l'avant première des "Quatre Fantastiques" de Tim Story au Métropolis (visite de la cabine de projection et puis on parle des trucages utilisés dans le film ).
Mercredi
Tous les ingrédients sont réunis, et il nous reste deux jours pour tourner une vingtaine de plans en animation. C'est un challenge qui nécessite une bonne organisation. On tournera donc sur deux plateaux : l'un pour les plans larges, l'autre pour les gros plans, avec 2 équipes de 3 personnes et des roulements.
On commence le premier plan tous ensemble pour bien comprendre la méthode de travail, le temps que cela met, et la façon de s'y prendre pour faire bouger tout ça au 12 ème de seconde. Et puis l'importance du travail en équipe, de la concentration collective sur le plateau. On voit aussi concrètement ce que le jeu des lumières et le choix du cadre apportent au film.
Chacun s'essaye aux différents postes : animation, prise de vue, capture d'image...
En fin de journée, la moitié des plans est fait, le planning tient bon !
Projection de "François le Vaillant" de Carlos Porta, pour la technique du papier découpé.
Jeudi
On finit le travail commencé la veille et on se concentre notamment sur tous les plans difficiles de mouvements de caméra : panoramiques, travellings subjectifs... On trouve des astuces. On refait plusieurs prises. Plusieurs idées naissent de la matière pendant le tournage. À chaque fois qu'un plan est terminé on le regarde en groupe et passé le moment de surprise et/ou d'émerveillement on commente ce qui va ou pas et pourquoi on obtient tel ou tel résultat.
En milieu d'après-midi tout est dans la boîte.
Pour finir, on définit ce que l'on veut comme son et on enregistre les dialogues.
Projection de "Overtime" de Oury Atlan, Thibault Berland et Damien Ferrié, pour l'utilisation du noir et blanc et de la 3D, et de "Nocturne" de Guillaume Delaunay pour le montage parallèle et le graphisme en silhouettes.
Vendredi
C'est le jour du montage image et son.
Les 6 astronautes passent voir comment je m'y prend, me donnent leurs avis pour la musique et on choisit le titre.
Puis le film est masterisé, les DVD sont gravés et le soir, après une insoutenable attente due à un petit problème technique, le film est projeté sur écran géant en plein air au coeur du quartier en présence des parents et des amis.
La lune brille dans leurs yeux, à quand le prochain ? |